Les garçons se cachent-ils pour pleurer ?
Nous les femmes, nous le charme, nous les larmes...Notre sexe est-il prédestiné aux pleurs et autres rigoles qui glissent le long de nos joues? Nous pleurons de joie, de tristesse, de fatigue, de haine. Souvent signe de faiblesse, certaines tentent de combattre ces larmes, trop faciles, trop rapides, trop présentes. Nous rêvons parfois de colères froides, celles que les hommes semblent si bien connaitre. Quand pleurent-ils ? Rarement, jamais, occasionnallement?
Et nous ? Toujours, le jour, la nuit...
Nous pleurons pour le départ de ceux qu'on aime, pour l'arrivée de ceux que l'on va aimer, pour des héros de fiction qui nous émeuvent, pour une chanson nous ressemble, pour deux personnes se trouvent, pour deux personnes se déchirent. Nous pleurons sans cesse, comme si notre carapace était plus fine, plus facile à briser.
Et les hommes ? Pourquoi ne pleurent-ils pas ? Qu'ont-ils à prouver que nous n'avons pas ? Comment sont-ils tristes ? Pourquoi cachent-ils toujours leurs sentiments au plus profond d'eux ? Faut-il leur briser le coeur pour escompter quelques larmes volées ? Et même dans ce cas, ne font-ils pas toujours les forts, les virils, les blasés ?
Que leur a-t-on confiés petits pour qu'ils semblent si bien maitriser leur émotion ? Ils semblent connaitre une recette secrète, un plan de secours qui leur permet de froncer les sourcils, de serrer les poings, de crier bien fort sans jamais laisser les grandes eaux déborder...
Ou bien les garçons se cachent pour pleurer... le soir, dans le silence de la nuit, masquant le bruit par un oreiller... Cette fierté toujours revendiquée, comme un signe de force.
Et si pour une fois on échangeait les rôles, si pour une fois on se parlait de vous ? Laisser tomber le masque, juste une fois, laisser fondre la glace. Ne sommes-nous pas capables de vous protéger nous aussi, de vous consoler, de vous porter, de vous guider ? Discrètement, sans en avoir l'air, nous le faisons au quotidien. Mais il est épuisant de guetter et de quêter sans cesse chez vous des indices d'humanité. Il est injuste de se sentir toujours plus faibles à cause de ces stupides larmes. Ne vous sentez pas toujours obligés de faire semblant, de faire comme si, d'être des piliers inamovibles...
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