Etape 1 : le choc et le deni
Hein quoi ? Tu as dis quoi ? Nan j'ai pas du bien comprendre. Je dois être en train de rêver c'est ça, de rêver toute éveillée. Cette conversation je la rêve mais c'est plutôt un cauchemar. Ah non je ne rêve pas, je suis vraiment assise dans ce bus. Ah... C'est donc ça alors. Ce que j'entend est la réalité. Je n'y crois pas. Comme à chaque fois j'ai l'impression qu'on m'a vidé le bac à glaçons dans l'estomac, qu'un écureuil me ronge le coeur. Je le sens le grignoter. Ca fait mal, ça oppresse. Je suis scotchée.Je touche mon visage, mes cheveux, oui c'est bien moi là, qui vit ça. Je fais quelques pas.. le sol n'est pas mou non, mais c'est tout comme, je me sens m'enfoncer. J'aurai besoin d'un verre, d'une clope, d'un rail de coke peut-être. Attend je vais m'asseoir, oui, là, sur le trottoir, au milieu des voitures s'il le faut. Je vais respirer, je vais trouver une reponse sur le bitume, forcèment.
Mais non c'est pas possible, pas ça, pas moi, pas là ni maintenant, ça rime à quoi ? A rien ? Mais c'est quand même possible ? Vous êtes sûrs ? Allez, arrêtez de me faire marcher, c'est pour la télé ou quoi ? Nan parce que le malheur des gens ça fait de l'audimat c'est peut-être pour ça.
Je ne pleure pas, je ne ressens rien, je suis sous le choc. Je ne réalise pas, ça signifie quoi en fait ? Quelles conséquences pour moi, et pour l'avenir ?
Et je repars : mais non, pas moi, pas à moi, pas là, pas maintenant. Je me dis qu'un passant anonyme va me dire "hé Louloute, on déconne !! " mais rien. Juste la tête du chauffeur de bus, puis de la caissière. Il se pousse seul le chariot d'ailleurs. Alors mes pieds marchent et je vais prononcer ces mots aux autres. Eux non plus ne le croit pas. Non non non, je refuse de croire à ça. C'est faux c'est un mensonge c'est une fausse réalité.
Dessin de Laurel, la seule, la vraie, l'unique...
Publicité