Ce que nous sommes...
Dix plombes après tout le monde, j'ai lu Hell hier soir, le sulfureux livre de Lolita Pille dont a été tiré le film avec Sara Forestier. Première impression comme ça à chaud : c'est du mépris déversé purement et simplement, sur le ton du "pauvre petite fille riche" qu'on a franchement pas envie de plaindre. Je l'ai lu d'une traite, comme en apnée, de peur de ne pas le reprendre si je le posais tellement c'est .. blasé et blasant. Ella se fait appeller Hell et commence son récit par "je suis une pétasse". Pendant des pages elle va nous conter la vie d'une gosse riche qui claque un RMI en fringues Prada par jour, qui n'a pas assez de narines pr sniffer toute la coke qu'elle voudrait, qui traverse Paris à 200 à l'heure en Aston Martin, qui a tellement fait le tour du monde en business classe qu'à 17 ans elle s'emmerde à mourir. Alors pour s'occuper elle sort, elle boit, se repoudre le nez et baise à tout va. Un jour elle va rencontrer son double au masculin, Andréa, avec qui elle vivra une idylle parfaite pendant 6 mois, jusqu'à ce que la descente aux enfers recommence.Ton premier réflexe ? T'as envie de prendre sa tête de poupée poudrée et de lui en retourner deux tellement elle t'écoeure par son mépris pour "les gens qui en chient", à savoir vous et moi qui allons bêtement bosser tous les matins. Et puis au delà de la provoc' tu vois le vide, la souffrance et toute la solitude qu'une telle vie recèle. Elle va seule se faire avorter, ressort le lendemain et va s'enfiler des Martinis avec ses copines en lisant Voici. Jeunesse désillusionnée, qui n'attend plus rien de la vie, juste de crever d'une OD, ou encastrer dans un mur.
Si c'est une très belle critique du monde parisien bourgeois, je trouve qu'il y a également un cri de souffrance lancé aux parents. Démissionnaires, hystériques, dépassés et parfois tout aussi shootés et bourrés, les parents sont des carnets de chèque vivant qui pour se débarasser des problèmes causés par leurs bambins dégénérés, leur versent des sommes tellement astronomiques qu'elles leur rachèteraient presque une vertu. Mais qui sont ces parents ? Comment peut-on ne voir sa fille de 17 ans qu'une fois par semaine et ne pas se rendre compte qu'elle a le nez plus plein qu'un dealer colombien, qu'elle ne fout rien de sa vie et qu'elle est allée se faire avorter. Même si les pétasses et les jeunes cons restent cette bande de merdeux trop riches pour être heureux, on ne peut pas en vouloir complètement à ces purs produits de la société bourgeoise moderne qui pue le fric à plein nez. En revanche, on en veut aux parents, aux parents de certains qu'on croise tous les jours, à ceux qui ne voient pas que leurs enfants ne mangent plus, ne bossent plus, marche au crack et vont finir alcooliques..
Qui suis-je pour juger ? Je ne suis même pas mère. Mais objectivement on peut s'attendre de la part des parents une certaine surveillance, surtout à 17 ans, quand votre fille rentre chez vous à 8h du matin. Si Hell est une caricature ou seulement une réalité qui vous semble bien lointaine, nous avons des exemples quotidiens qui en disent long sur les enfants/parents/relations actuels...
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