Mauvais rêve
Le réveil m'a tiré ce matin d'un rêve horrible. Je n'ai jamais autant remercié le matin d'être arrivé. J'ai d'un en espérant que le rêve resterait au lit, mais il était toujours là. J'ai ensuite tenté de le noyer dans la douche, s'il avait pu disparaitre dans le siphon, étouffé par le shampooing. Quand j'ai allumé le sèche cheveux il était toujours là. Il tournait en rond, autour de ma tête, il chuchotait à mes oreilles, malgré le bruit de l'appareil. J'ai tenté de chantonner en me maquillant, de penser à mes dossiers que j'allais retrouvé, à mes collègues, à ce que j'allais manger à midi. Rien à faire. Je revoyais ces visages, je me demandais pourquoi le passé me collait comme ça à la peau, pourquoi il se pendait à mes basques au point de revenir encore et encore hanter mes nuits.J'ai senti que les choses s'amélioraient devant mon bol. Etait-ce le craquement des céréales ou l'acidité du jus d'orange mais il a commencé à vaciller. Il n'arrivait plus que par intermittence. J'ai ouvert le journal de la veille (je le lis toujours avec un jour de décalage) et j'ai regardé les cours de la bourse, pensant l'ennuyer avec les fusions-acquisitions dans le monde de la sidérurgie. Il a montré des signes de faiblesse, il faisait moins le malin...
Je lui ai porté le coup final en sautant dans mes chaussures et en courant après le bus. De toute façon il n'avait aucune chance contre la musique qui déferlait dans mes oreilles, contre le soleil qui se levait au dessus de la Loire et la journée qui commençait. Chaque matin est un espoir nouveau...
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