La consolante
Et puis j'ai ouvert la première page, terrible erreur. Je me suis retrouvée happée, comme Alice dans le terrier du Lapin blanc. Ce livre vous remplit le ventre d'une sorte de lave, quelque chose qui vous tord les boyaux, tout en vous faisant mieux respirer. J'ai éclaté de rire en lisant ce livre, je me suis mise à pleurer plus d'une fois en parcourant les pages. Je lisais partout, dans le bus, en marchant dans la rue comme quand j'avais dix ans et que ça faisait hurler ma mère, pendant les repas, la nuit, le jour, même au boulot pendant les moments de creux...
L'histoire ? De quoi ça parle ? Ah heu, c'est simple en fait, ce n'est pas un livre d'action vous savez. C'est l'histoire de Charles, architecte, qui a une quarantaine d'années et qui va apprendre la mort d'une femme qu'il a connu il y a longtemps. Sa vie, son quotidien, son passé, ce qu'il croyait vrai n'est plus... Tout est à reconstruire, et ça vous écorche les doigts de tout refaire.
La consolante désigne la dernière partie de pétanque, celle qui ne compte pas, qui n'a pas de gagnants ni de perdants, comme quand la vie vous offre une nouvelle chance, même si les grands lignes sont déja tracées, rien n'est jamais figé....
Alors oui bien sûr, c'est du grand Anna Gavalda, avec un talent d'écriture très très efficace à mon sens, comme dans Ensemble c'est tout (vous reconnaitrez un petit clin d'oeil d'ailleurs, c'est bon de retrouver une seconde ces personnages!). Si certains l'accusent de faire du commercial, d'exploiter un gisement qui a bien marché (d'où le film avec Guillaume Canet et Audrey Tautou), personnellement je laisse juste parler mon coeur quand je lis ce genre de livre. J'avais beaucoup accroché avec Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, même si je ne suis d'habitude pas fan des nouvelles. 35 kilos d'espoir ça m'avait fait pensé à mon frère, c'est une littérature pour les plus jeunes peut-être. Je l'aimais est assez boulversant aussi, je l'avais dévoré en quelques heures dans une librairie française à Francfort. Mais avec Ensemble c'est tout et La consolante, ça vous ennuie de devoir manger, dormir, aller travailler, se laver, parler aux gens. On aimerait juste débrancher le téléphone, dire à tout le monde qu'on est parti en vacances et se cloitrer chez soi sous sa couette, avec une provision de chocolat !
On ne ressort pas indemne de cette lecture, on a un goût plus prononcé pour la vie, on a envie de croquer dans la vie. J'aurai aimé savoir écrire comme ça, j'aurai voulu savoir vivre comme ça.
A lire d'urgence donc, en fait, je ne comprends pas que vous soyiez encore là à lire mes bêtises au lieu de courir acheter le livre !
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