Déboire
Déboire est le second roman d'Augusten Burroughs. Autobiographique, ce livre raconte comment à 20 ans et quelques, Augusten est devenu un "petit con" de publicitaire qui brasse énormément d'argent. En tentant d'oublier son passé plutôt tumultueux - qu'il raconte dans son premier livre Courir avec des ciseaux (que je n'ai pas encore lu) - il s'est présenté un jour pour travailler dans la publicité et en a depuis fait son métier. Seulement Augusten commence à réaliser qu'il a un sérieux problème d'alcoolisme et à la demande pressante de son entreprise, il entame une cure de désintoxication.Bien plus que les slogans débiles des AA, il va découvrir jusqu'où son organisme est atteint et surtout à quel point sa vie a toujours été largement baignée d'alcool, comme pour mieux noyer ses souvenirs d'enfance assez terribles. On rencontre dans ses pages des gays un peu allumés, un anglais qui lui servira de coloc', un pote de beuverie croque-mort mais surtout l'étonnant regard d'un homme qui semble se réveiller après des années de torpeur et qui se voit dans le miroir pour la première fois.
Augusten nous laisse entendre dans son récit la douce musique de l'alcool et de l'ivresse, semblable à une berceuse qui peut se réveler être un chant funèbre. Comme beaucoup de récit sur l'addiction, Déboire nous entraîne dans un univers où l'on se sent emprisonné, presque sali par la description terrible des drogues consommées par le narrateur et par ses compagnons de galère. Si l'on commence par s'interroger sur les raisons qui peuvent conduire un homme à faire de sa vie une telle déchéance, on entrevoit ensuite le soulagement et la facilité qui découle du fait de boire.
Augusten n'est pas forcément un personnage attachant, on lui en veut d'en être arrivé là, de ne pas faire plus d'effort pour s'en sortir, de négliger son meilleur ami atteind du sida, puis on se rend compte qu'on ne peut pas sauver les gens malgré eux, que chacun doit trouver en soi la force d'avancer.
Sans complaisance et parfois même avec cynisme, ce roman nous montre l'importance des groupes de soutien, notamment des réunions de AA, de l'efficacité des cures de desintoxication, pour peu que le monde de l'extérieur soit supportable...
A lire donc, d'une traite, comme on boit cul sec.
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