Show must go on
Ces derniers jours ont été particulièrement durs. Après les deux jours de salon qui ont au moins le mérite de t'empêcher de penser tellement c'est intense, la douleur vous tombe dessus avec plus de force encore.
Alors chacun a son attitude devant la mort... mes collègues ont mis sa photo sur leur bureau, moi mes larmes redoublent à chaque fois que je pose mon regard sur son portrait. Je le préfère vivant dans ma mémoire...
Il n'y a pas de recette pour surmonter sa douleur et son chagrin. Sa meilleure amie depuis toujours, et collègue également, est déjà revenue travailler alors qu'elle s'est presque évanouie à l'annonce de son décès. Beaucoup la comprennent et disent que oui, que le travail est la solution pour s'en sortir, pour avancer. J'admire sa force. Je ne gère pas mes souffrances ainsi. Moi je suis plus dans un genre très intense sur le moment, je "vis" ma douleur comme pour mieux la laisser s'échapper. Je lui consacre du temps, pendant quelques jours, pour qu'elle s'exprime, puis je remonte la pente.
A sa place à elle je serais au fond de mon lit, à pleurer, à dormir abrutie par la douleur, je me chercherais des échapatoires de réalité, comme fumer cigarettes sur cigarettes, peut-être même anesthésier toute cette douleur dans l'alcool, qui sait ?
Faire son deuil... c'est toujours une question d'étapes. La colère est toujours une étape difficile à surmonter, elle marque un tournant lorsqu'elle est dépassée. Pour accepter cette mort, certains ont eu besoin d'aller voir le corps à la morgue, alors que d'autres ne voyaient qu'une enveloppe charnelle à laquelle ils n'avaient plus rien à dire. Qu'on ait besoin de l'enterrement, d'une minute de silence, d'un portrait sur un bureau ou d'imprimer tous les mails qu'on avait de lui comme une dernière preuve de ce qu'il était, nous sommes tous différentes devant le chagrin.
Et puis la vie vous happe, plus fort que ce qu'on croit. Elle a le terrible avantage de ne pas s'arrêter, même si c'est dur, même si c'est loin. Elle continue, elle vous entraîne, elle ne vous laisse pas la possibilité de vous arrêter et de vous lamenter sur vous-même.
Alors je continue car on ne peut pas s'effondrer à chaque épreuve.
Je donnerais juste tout ce que j'ai pour un dernier instant avec lui. Je voudrais le revoir surgir du bâtiment, avec son téléphone, sa cigarette..J'aimerais qu'il me propose encore d'organiser un apéro, j'aurais aimé dire oui lorsqu'il était encore temps et ne pas croire qu'on avait la vie devant nous.
On se répète bien qu'il faut retenir "carpe diem" de toute cette histoire, mais on oublie trop vite et l'on se laisse grapiller par la vie, les projets, les soucis, les autres...
Finalement, dans Show must go on, il faut comprendre que Life must go on...
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