Quelque chose vient de tomber, sur les lames de ton plancher
Hier soir les vannes se sont ouvertes. Après 15 jours de rupture il était temps en même temps, parce que ce n'est pas les trois larmes versées chez le Dr CP pour justifier son salaire qui ont vraiment été significatives. Là ce fut la faute de Justine, la fille de BHL. Ce qu'elle écrit, j'ai beau l'avoir lu mille fois, ça me retourne toujours l'estomac.Et puis, c'était une crise de larmes, une vraie, une qui fait tellement de bruit qu'on ne peut se laisser aller à ce genre de choses si on vit avec quelqu'un et qu'on ne veut pas l'inquiéter. Mais comme ce we ma colloc n'était pas là, j'ai pu entamer ma guérison. Oui, je prend ça comme une guérison, le fait de pleurer une bonne fois pour toute, sur cet amour perdu, sur tout ce qui ne se fera plus jamais, sur tout ce qu'on s'était dit, promis, juré et qui est finalement parti en fumée. Parfois j'en pleurerais de rage tellement je trouve que c'est du gâchis, tellement je trouve ça nul et peu classe la façon dont tout cela s'est déroulé mais surtout s'est fini. Ca manque de style, ça manque de passion, ça manque de charme. C'est juste... naze quoi ! C'est triste d'avoir tant cru et d'avoir eu une si petite fin.Voilà, c'est petit, c'est minuscule, ça passe presque inaperçu. C'est moche même, ça donne pas envie de le raconter, c'est comme un vieux bruit de dégonflement, une baudruche qui se perce.
Alors que notre amour n'était pas comme ça. On se croyait plus forts, on se croyait meilleurs, d'ailleurs on était mieux que les autres, plus doués, avec plus de communication, sans crise de jalousie, sans crise idiote. On sublimait, on se sublimait. Avec nos histoires d'hôtels, de gastronomie, d'argent, de voiture et d'aquarium géant dans la maison. Avec nos films, nos papillons, nos bords de mer, nos livres. On voulait être des gens bien, on voulait être "quelqu'un de grand". Mêmes rêves, mêmes ambitions, enfin je croyais...
Je parlais d'état de grâce au début, c'est vrai, c'était ça. Un état exceptionnel, une vie rêvée, une marche sur les nuages et sur l'eau. J'ai cru reconnaître en lui ce que j'avais cherché, depuis tant d'années. J'ai cru que la grande fête du bonheur m'avait moi aussi filé un ticket de loterie et que j'avais gagné. J'ai cru que je ne serai plus jamais seule, qu'il n'y aurait plus jamais de trahison, de mensonges, de tiédeur et d'ennui. J'ai cru que chaque jour serait une fête.
Mon plus beau souvenir de nous reste ce we pour mes 20 ans. Deux jours de soleil, de rires, d'attraction, d'amour. Je me souviens de chaque moment, comme de grandes bouffées de bonheur intense. Je me souviens de mes coups de soleil, de la chambre d'hôtel, des robots danseurs, je me souviens de ce restaurant expérimental, je me souviens du trajet que nous avons fait en chantant, de mon nounours que tu avais attaché à l'arrière de la voiture, comme un bébé. Je me souviens m'être dit que oui, l'amour c'était ça, la vie c'était ça et que je vivais tout ça !
Il ne faut rien regretter. Je ne considère pas m'être trompée, ce n'était pas une erreur.
C'est la vie, c'est tout :-)
La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie.
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