Mercredi 28 mai 2008
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par Louloute
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Colocation
5
Lundi soir était notre dernière soirée de colocation. Déjà. Ces cinq mois sont passés super vite et je mentirais si je disais que je ne suis pas partie au travail mardi matin
avec une sacrée boule au ventre. C’est qu’on finit par s’y attacher à ces petites bêtes. Hier soir l’appartement semblait bien vide et j’avais l’impression qu’on avait lavé ma télévision à grande
eau, car elle était redevenue toute petite !
C’est le problème dans la vie en fait. On rencontre des gens, ça se passe bien et puis un jour ils se barrent. C’est surtout le problème de la vie d’étudiants. Posez-vous à un endroit pour dix
ans et vous aurez peut-être (et encore) la chance de ne pas voir vos amis mettrent les voiles tous les 6 mois. Mais bon, je le savais, j’y étais préparée, je n’ai pas le contre choc que j’ai pu
ressentir il y a un an, quand là c’est tout la bande de potes qui a largué les amarres pour des destinations diverses et variées.
Pourtant je me disais qu’habiter avec un mec, avec qui j’avais vaguement fait des soirées arrosées, ça pouvait vite se révéler casse-gueule. Et non. Bon, il n’a pas des masses touché au balai
brosse ni beaucoup nettoyé les joints de la douche mais dans l’ensemble il ne s’est pas révélé l’étudiant mâle de base auquel on pouvait s’attendre. Il a écouté mes histoires forts compliquées
jusqu’à 3h du mat, il m’a aidé à monter des grosses stratégies d’approche en tant que représentant de la gent masculine et à l’occasion il m’a même donné des coups de coussin quand j’étais trop
chieuse !
Et puis il a chassé les cafards avec un courage sans précédent, surtout depuis que ces insectes mutants ont décidé de se prendre pour Spiderman et attaquent la montée des murs de la salle de
bains avec l’enthousiasme d’un montagnard devant l’Everest. Et là je sens que vous avez grande envie de venir boire un thé chez moi avec Bob, Mickey et John (parce qu’on a finit par les baptiser
à force de vivre avec !)
Ce fut court mais ce fut bien. Je ne sais pas ce que la vie nous garde en réserve, si nous nous reverrons un jour, si nous arriverons à rester en contact malgré le temps, la distance et cette
chienne de vie. Je ne veux pas faire de grands serments ni jurer à la vie à la mort qu’on se reverra coûte que coûte, juste que c’est quelqu’un de bien avec qui j’ai eu plaisir à vivre.
PS : pour qu’on ne me prenne pas pour un bisounours indécrottable et avec son accord, laissez moi quand même vous dire que ce
petit c** a embarqué par erreur mon chargeur d’ordinateur portable à Brest ! So boulet va !
Crédits Photos
Mercredi 9 janvier 2008
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par Louloute
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Colocation
3
Je suis absolument nulle pour ce qui est de juger les gens. Ou plutôt ma première impression n’est jamais la bonne ! Il y a des gens qui vous disent qu’ils
sont capables de juger les autres dès le premier regard. Bon, c’est certain, ils doivent se planter au moins une fois sur deux. Mais moi… je n’ai aucun don en la matière.
Ca vient peut-être de mon côté bisounours. Je rencontre quelqu’un et la plupart du temps je le trouve sympa. Enfin sauf les gens vraiment détestables et qui semblent tout faire pour le prouver
dès le début, mais même à ceux là, j’ai tendance à leur accorder le bénéfice du doute, si jamais je me plantais justement !
Donc je rencontre quelqu’un, je le trouve sympa. Si c’est un mec, je le trouve souvent beau (mais beau à sa manière, et puis j’ai des goûts bizarres mais c’est un autre débat). Le pire c’est
lorsque je n’ai pas un contact direct avec la personne. Genre on vous présente le pote d’un pote d’un pote et vous n’avez pas l’occasion de discuter avec tout de suite. C’est là que je commence à
rester sur ma première impression, à savoir « ce type ou cette fille est sympa ». Comme ma mère ne m’a pas fait mes tartines et que j’ai développé un manque de confiance en moi et que
du coup le regard des autres pèse sur moi, je vais essayer de faire en sorte de plaire à cette personne. Mec ou fille, qu’importe, je suis tarée de manière globale ! Comme là aussi je ne
suis pas (trop) psycho rigide, j'ai tendance même à me trouver des points communs avec cette personne, ou dans le cas contraire à vouloir apprendre des
choses de cette personne. Et c’est là que je commet l’erreur fatale et pourtant répétée, à savoir que je m’attache à cette personne…
Alors je raconte des conneries, je pose des questions, bref, toute rencontre semble bonne à prendre… Et puis voilà, les choses se gâtent. Ca peut prendre cinq minutes. L’exemple type c’est le
beau mec qui ouvre la bouche et là vous vous rendez compte que non, ça va juste pas être possible, même morte de faim par un soir d’hiver. Il est beaucoup moins beau d’ailleurs, mais surtout,
quel boulet ! Ou cela peut prendre des années, des amitiés qu’on pensait solides ou simplement des gens qu’on pensait connaître et un jour je finis par me dire « non mais attend là,
comment ai-je pu me fourvoyer à ce point ? ». Résultat des courses : je suis toujours déçue dans ce genre de situation, je me dis que je m’attache bien trop aux autres et
finalement je suis la seule à souffrir.
Tout ça pour relativiser les propos suivants : mon nouveau coloc a débarqué et depuis deux jours on se raconte des tonnes de conneries jusqu’à deux heures et demi du mat et je pense que ça
vraiment être sympa de vivre ensemble ! Ca fait plaisir d’avoir quelqu’un à domicile, un peu de chaleur humaine !
Mercredi 12 décembre 2007
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par Louloute
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Colocation
3
Ma Chouch,
Demain matin, ton chéri a pris une
journée pour aller chercher le camion et pour emporter vos affaires vers votre nouveau nid d'amour. Voilà, après 6 mois de colocation, tu t'en vas vivre avec ton fiancé. J'aime pas les fins, les
fins c'est nul. Bon, ce n'est pas comme si tu partais pour les Etats-Unis (pas encore..) mais quand même.. c'était bien de vivre avec toi ou avec vous, enfin c'est pas grave, c'était bien.
Je me souviens de soirées trop alcoolisées pour être détaillées, de blind test à rameuter les voisins, jme souviens aussi des kilomètres autour du lac que je n'aurai pas courru si tu ne m'avais pas
trainée, des pizzas qu'on se commandait avec une salade pour faire bonne conscience, des courses avec deux caddies pour faire les grandes.
Je comprends que tu t'en ailles. Tout le monde dit que j'aurais du m'en douter. Bah non. Moi j'ai rien vu, jvois jamais rien tu sais, jsuis qu'un bisounours. Mais je comprends. Et même je suis
contente pour toi. Je suis contente que tu sois avec un mec bien, un mec gentil, qui m'écoutait parler et même qui riait à mes blagues idiotes, avec un mec qui était serviable et discret.
J'aimais rentrer le soir et savoir que vous étiez là, j'aimais les conneries qu'on se racontait, les clopes qu'on se fumait, les restaus qu'on se faisait, les films qu'on allait voir ensemble...
Les meilleurs moments de la vie sont éphémères, c'est ce qui les rend beaux...
Je garderais toujours en mémoire ces chasses à la souris, ce groupe de canard, cette soirée de fiancailles et cette amitié qui est la notre.
Alors je suis contente d'avoir vécu ces 6 mois avec toi, je suis contente d'avoir partagé tout ça, je suis contente d'avoir rencontré et connu ton fiancé avec qui tu vas peut-être te marier. Je
suis contente d'avoir fait partie de ta vie et que tu ais fait partie de la mienne. Je suis contente aussi que tu partes, que tu décores avec amour ce nouvel appart, comme tu avais mis du coeur à
repeindre et à redécorer le notre, et qu'une nouvelle vie commence pour nous.
Tu pourras bien partir à cinq rues d'ici ou de l'autre côté de l'Atlantique, je serais toujours là pour t'accompagner dans tes nocturnes péripéties et tes délires en tout genre.
Allez, ce n'est pas un adieu, à peine un aurevoir. Quelques patés de maison nous sépare et je saurais bien trouver le chemin qui mène aux cacahuètes de nos futurs discussions... Et puis il y a
bientot ce nouvel an qui sera sans doute dans la pure tradition de nos années d'étudiantes.
Tu gardes une place unique dans mon coeur.
N'écoutes jamais ce que les jaloux pourront te dire comme salop**** sur mon compte, je crache trop sur l'hypocrisie et les mensonges pour en faire mes alliés.
Je t'aime fort fort fort.
Ta coloc'
Mercredi 19 septembre 2007
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par Louloute
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Colocation
9
La première fois, vous êtes
persuadée que vous allez mourir, que votre tête va exploser, que votre coeur est en train de louper des battements, que décidement c'est n'importe quoi ! Vous vous demandez comment vous avez encore
pu vous laisser embarquer dans une histoire pareille. Vous êtes pourtant une fille raisonnable, sociable, aimable, même votre hiérarchie s'accorde à reconnaitre vos talents professionnels mais non,
là vous vous êtes vraiment faite enrôlée dans une galère. Vous avez voulu faire un truc de groupe, histoire de ne pas déçevoir votre coloc, vous vous êtes dit pourquoi pas... mais quelle erreur
!
Et puis ça n'avance pas, vous en avez déjà marre du paysage, et puis franchement la tenue.. Plutôt mourir que de croiser qui que ce soit avec des fringues pareilles ! Elles ont presque dix ans ! Et
les chaussures ! Pff, vraiment aucun style. Vous développez alors tout un tas de symptômes étranges, pendant et après. La tête qui bourdonne, les oreilles qui se bouchent, les dents qui vrillent,
l'envie de vomir, l'impression de respirer de l'amoniac ou de la javel.
Parce que oui, comme une cinglée que vous êtes, vous avez pris la décision d'aller courir chaque semaine. Et là vraiment, il va falloir appeler une ambulance.
Et puis vous commencez à trouver le rythme, vous n'avez plus besoin de respirer, l'air rentre tout seul, il n'y a plus qu'à expirer. Des anciens réflexes commencent à revenir, de ce fameux été de
votre bac où vous courriez tous les matins. Le tour du lac semble à des kilomètres mais vous n'êtes pas seule ! Le mental est plus fort que le physique. Si elle vous dit que vous allez y arriver,
vous allez vraiment y arriver. Et puis, même à 21 ans vous aimez qu'on soit fier de vous, et là elle semble l'être. Alors vous continuez, pour elle, pour vous, vous trouvez un second souffle, vos
baskets avalent le chemin tout seul. Vous pensez que vous l'avez déjà fait la semaine dernière et que c'est nettement mieux cette semaine.
Vous pensez à ces 4 kilos perdus en deux semaines et demi et qui ne demandent qu'à être le début d'une longue série. Vous avez l'impression que ce sont d'autres jambes qui courent à la place des
vôtres. Vous voyez l'arrivée qui se rapproche. Vous vous sentez comme ... heu... un sportif quoi ! Vous comprenez que l'effort c'est beau, vous comprenez l'importance du sport, vous allez vous
mettre à regarder le rugby ! Heu là, vous manquez de sucre ! Ca y est, vous y êtes, vous passez la barre !
Ce qui se passe après n'est que pure jouissance : eau fraiche, étirements, douche, lait hydratant des pieds à la tête et petit pyjama en soie si doux. Voilà, vous êtes bien, vous avez repoussé vos
limites, vous vous êtes battu contre vous-même et c'est la plus belle victoire qu'on puisse avoir !
Ce soir vous vous sentez heureuse, vous sentez que tout pourrait vous réussir, que vous êtes dans une phase chanceuse !
Demain, une heure et demi de piscine... Aïe mes courbatures !