La folle semaine de Louloute

Publié le par Louloute

Dimanche soir dernier, tu te regardes dans la glace et tu te parles un peu à toi-même : tu te dis bon, j'ai un peu beaucoup bu ce week-end, j'ai peu dormi, il s'est passé plein de trucs zémotionnellement pas évidents, alors cette semaine sera sous le signe du sérieux ! (...)
Autant croire une anorexique qui te dit qu'elle ne glissera pas ses doigst au fond de la gorge après une soirée raclette (oui je sais, c'est classe, bon appétit bien sûr à ceux qui mangeraient devant leur PC - moi même je le fais, de manger devant le PC je veux dire, pas de me faire vomir... mais là je m'égare).

Lundi : alors chez Louloute, le lundi c'est précis ! Je rentre avec les courses (ouais je sais, se trainer les courses pendant une heure de RATP c'est un peu comme faire la Corse en camion mais le samedi je n'ai jamais le temps ni l'envie). Donc tu ranges tes petits produits bien frais, tu te prépares un repas très très équilibré en t'auto-congratulant pour la capacité que tu as à tenir le coup dans ton régime et tu réponds aux offres d'emploi en envoyant des dizaines de CV.
Tu discutes un peu avec l'homme vers 23 heures et tu te couche tôt. Bravo, congrats, ça c'est vraiment bien. C'est après que ça se gâte...

Mardi : devant l'incapacité chronique que nous avons eu Postite, Babiole et moi à nous voir sur Paris ces... ah bah ces 8 derniers mois, il était temps de déclencher l'opération d'urgence "picole à Montparnasse" sous risque de devoir se chanter dans 10 ans "t'as pas changé, qu'est'ce tu deviens, tu t'es mariée, t'as trois gamins". (Patrick, sors de ce corps)
Nous voilà donc réunies toutes les 4, miss FlickFlack étant également venue pour notre bonheur à toute, et nous partons pour un haut lieu de la grastronomie française : l'Hippopo ! Avec du recul, tu te dis qu'appeler une chaine de restaurant comme ça te laisse présager de ta tête le lendemain matin quand tu monteras sur la balance après avoir englouti un hamburger maison-sauce-roquefort-avec-des-frites-mais-aussi-des-haricots-parce-que-je-suis-une-fille-qui-fait-attention !
On a donc bien commencé à casser les bonbons au serveur avec nos histoires de haricots, qui n'avait au passage aucun humour, alors que la carte des vins collée en son milieu et la réflexion de Flick Flack "ouuuh, y'en a qui se sont excités" était quand même super drôle !
Drôle je pense que ce fut le vrai thème de la soirée. Entre chômage, crise, violence urbaine et autres déceptions sentimentales, nous avions un gros gros besoin de chaleur mutuelle, de déconnade puissance 10 et cela fut très réussi. Nous avons hurlé de rire lorsque Babiole nous a raconté qu'ayant appelé les pompiers pour une odeur suspecte venant de chez son voisin, elle avait répondu aux pompiers sus-nommés que "heu, mais j'ai pas rangé mon appart" lorsque ceux-ci avaient émis le souhait de passer par son balcon.
L'épisode de Thomas, Fred et les autres ou encore du godmiché de Mylène Farmer resteront des moments anthologiques qui ont créés chez nos voisins de table un très fort désir de meurtre, assorti au lancer de quelques corbeilles de pain ! Un très bon moment !

Mercredi : alors d'accord, on picole on picole, mais ça n'aide pas le régime tout ça ! Motivées comme de jeunes trouffions, nous nous sommes embarquées mutuellement, le Patapon et moi, pour aller nager. Oui oui, rien que pour la satisfaction de dire à ta boss "heu.. bah j'y vais, j'ai piscine ce soir !"
Et là j'en profite pour souligner pour une fois le coût peu onéreux de la chose : 1,70 € l'entrée, si t'es parisienne et que tu as moins de 25 ans. Youpiyo non ! Ca ne vaut vraiment pas le coup de s'en priver !
Alors d'accord, tu as le bonnet obligatoire qui te fait ressembler à un spermatozoïde géant, tu as un peu des boulets qui trainâssent et surtout tu craches tes cigarettes au bout de la cinquième longueur mais quand tu arrives à 40, eh bien tu es heureuse !
Tu rentres, boostée par les endorphines, et là tu tentes de réconforter l'homme et ses angoisses d'avenir et de travail - ce qui est un peu le lot de tout le monde en ce moment - mais un jour je vous parlerais du bonheur de partager sa vie avec un Artiste (toi aussi tu auras noté le grand A) !

Jeudi : boire ou manger, il faut choisir. Toi c'est simple, t'as tellement passé une journée de merde que deux verres de vin suffisent seulement à t'enlever la boule au ventre et l'envie de pleurer ! L'alcool n'est pas une solution, non non non ! Et puis tu retrouves toute ta market dream team et tu te souviens avoir dit "bon, après celui-là on va manger" et là tu t'es retrouvée dans un bar gay - sympa au demeurant mais rempli de jeunes et beaux hommes à qui la vue de tes seins créent autant d'excitation que toi devant la F1 ! Vers minuit tu as compris que tu n'allais pas manger.. du tout.. alors t'as encore un peu bu et t'es rentrée en essayant de ne pas penser aux mouvements du métro.

Vendredi : le réveil a sonné et là... t'as beau être matinal, t'as mal ! La gueule de bois en chêne massif, l'envie de tuer les gens dans le métro qui te poussent, le sentiment que ton collègue hurle dans tes oreilles et cette faim et cette soif tenace que rien ne semble pouvoir apaiser ! Aïe...
Dans l'après-midi tu te sens un peu mieux, ce qui n'est pas le cas de l'homme qui t'appelle pour te dire qu'il est malade et que ce soir, ben tu sortiras toute seule ma grande !
Tu décides de profiter de ta soirée quand même, bien profité, trop profité... A un moment, tu as changé de soirée et tu t'es retrouvée à scander des chansons paillardes sur un balcon en battant la mesure avec une bière à moitié remplie. Quelqu'un a lancé la bonne idée de deux heures du matin, quand le dernier métro vient juste de passer en disant : "ouais, vas gny... on sort, on va danser...". Vingt minutes de marche tanguante plus tard, tu redécouvres la joie de te frotter à des corps chauds, puant l'alcool et parfois le vomi ! C'est toujours à ce moment que tu te retrouves tirant sur une cigarette dehors, alors qu'il commence à pleuvoir, en train d'entamer une discussion sur l'incapacité de communication homme/femme et pourquoi la vie elle est trop compliquée quoi !
Voyant arriver le moment du mélodrame, tu prends un taxi et rentre dans un silence complet, rendant grâce au chauffeur de te laisser avec tes pensées.

Samedi : là, tu sens que tu as déconné ! Tu as peu dormi, mal au crâne, la faim et la soif habituelle te tenaille. Heureusement, tu n'as rien à faire, et tu peux faire ta loque jusqu'au moment où il va falloir te préparer. Tu as quand même été chercher du pain, cheveux gras et habillée avec les premiers vêtements trouvés et forcément tu as croisé tes voisins, lui en costard, elle en talons, qui partaient sans doute manger chez belle-maman ! VDM ! Tu arrives chez tes amis avec une envie de Co*ca et d'une petite sieste... Laisse tomber, te voilà déjà assise dans un bar à Invalides pour fêter les 30 ans de ton pote. Puis petit restau très sympa, situé en 2ème sous-sol, ce qui rend les expéditions cigarettes de plus en plus drôles au fur et à mesure que tu bois ! Cadeaux, discours, lynchage en règle du roi de la soirée, bref, nous étions bien motivés lorsqu'on a décidé "ouais, vas gny... on sort, on va danser..". Et re-sous sol ! Lieu éclairé, climatisé, gens encore un peu sobres, propice pour une longue conversation qui a un peu mal commencée et qui a mieux terminée, représenant l'aboutissement de presque un an de préparation ! Wahoo ! On n'osait plus espérer.
Re-taxi, pas très silencieux celui-là et retrouver son lit, immense, pour mieux rêver.

Pas de gueule de bois ce matin, juste le sentiment d'avoir passer une semaine de folie.
C'est décidé, cette semaine : je ne sors pas ! Y'a un moment, faut arrêter les conneries :-)

Publié dans quotidien

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