L'autre

Publié le par Louloute

Ton absence est la plus douce des douleurs et ta vision écorche chaque fois un peu plus profondément mes blessures que je lèche avec soin le soir venu. Tu réveilles au fond de mes tripes des sentiments enfouis, sans le savoir, sans avoir conscience une seconde qu'un regard de toi suffit à m'embraser.
Moi qui me croyait morte, moi qui pensait que tout n'était que désolation et vide à l'intérieur, je me surprends à sentir mon pouls s'accélerer lorsque tu me souris, de ce sourire si doux qu'il achève mes dernières résistances. Quand par jeu ou par simple amitié tu me prends dans tes bras ou que tu m'embrasses dans le cou, je me sens me raidir. Mon centre de contrôle s'affole, mes repèrent se floutent et je n'ai qu'une envie, que cela cesse, tant mon coeur menace d'exploser en plein vol. As-tu seulement conscience de jeter une allumette sur un fétu de bois mort, dans un geste de pyromane dédaigeux ?
Non, tout simplement parce que tu appartiens à une autre et ça depuis des années maintenant. Je n'aurai jamais du m'intéresser à toi qui n'étais pas libre et me retrouve maintenant captive de mon propre piège. Je pense presque autant à elle que je pense à toi. Où est-elle, que fait-elle, que te dit-elle ? Es-tu heureux avec elle ? Je ne devrai même pas me poser ce genre de questions, ne pas convoiter l'homme d'une autre, premier des commandements de Sainte-femme actuelle non ?
Alors je rêve, j'imagine, j'espère presque, que ce soit elle qui parte, qu'elle te laisse, te blesse, je me vois comme toujours le rocher, le pansement, celle qui réparerait là où c'est cassé, celle qui porterait ta peine, tes souffrances. Mais la réalité se rappelle à moi. Si je ne devais avoir qu'une seule certitude, ce serait celle-ci : que tu ne seras jamais à moi, ni pour une heure, ni pour la vie.
On dirait que je m'entête, que j'appelle cette souffrance de mes voeux, que je me complais dans ton indifférence, parfois même ton mépris. Pour toi, je ne suis rien, à peine un courant d'air qui passe, une sorte de mal nécessaire qui est là pour des raisons qui ne sont pas fruit de ta volonté. J'en viens même à souhaiter que tu me haïsses, pour qu'au moins je t'inspire une quelconque forme de passion ou de sentiment.
Et plus je te désire, plus je me déteste et plus je voudrais lacérer l'intérieur de mon ventre lorsqu'il se tord à ta seule vue. Je suis effarée de ma propre stupidité et de cet entêtement absurde. Je suis de trop dans ma vie.

Publié dans rêves

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Nath 24/06/2009 22:09

Encore une fois, je me retrouve complètement dans ce que tu écris, puisque c'est ce que je vis ! C'est assez troublant d'ailleurs de voir qu'une personne ressent exactement la même chose que moi. Sauf que dans mon cas, il le sait. Moi aussi je pense sans cesse à cette "autre" alors que je ne l'ai jamais vue. Je me demande comment elle est, si elle a une jolie voix, si elle est belle, ce qu'elle a de plus que moi... Je l'envie d'être avec lui. J'entretiens une souffrance inutile, puisqu'il ne sera jamais à moi. Même quand il n'y a pas d'espoir, j'ai envie d'y croire. Pas facile de sortir d'une telle histoire. Courage ! :)

Louloute 07/07/2009 22:23


Hello Nath,

En effet, ça n'est pas la première fois que nous nous trouvons des "sensations" communes si je puis dire !
J'en suis sortie, enfin, de cette histoire sans queue ni tête, en allant tout simplement voir ce qu'il se passait ailleurs !
Courage à toi et n'oublie pas que jamais au grand jamais un homme ne doit guider ta vie, de quelque manière que ce soit !


fred+de+roux 26/05/2009 11:45

Voilà un article très bien senti où tout est dit avec les mots justes. Louloute, à quoi bon perdre ton temps pour un regard qui n'existe pas ? Je sais, c'est difficile, mais pourquoi souffrir sinon parce que cette souffrance, on l'aime. Eh oui, il y a complaisance dans l'amour sans retour. Il faut savoir se regarder pour aller de l'avant, ne pas s'attarder sur l'inutile ou l'inaccessible. Ce n'est pas aisé, mais nécessaire : la vie n'attend pas.

Louloute 07/06/2009 19:12


Aller de l'avant, toujours et encore...
Pas évident !