Never explain never complain

Publié le par Louloute

A quatre ans,on dit tout à sa maman, on lui raconte ses problèmes et les bobos que la vie nous fait.On trouve reconfort dans les paroles maternelles et les soucis de la veilles s'évanouissent dans la nuit, aussi vite qu'ils sont venus.
A quatorze ans, on dit tout à ses copines,on leur raconte les ruptures, les coups de coeurs, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. On ne cache rien, on dit tout, on pleure au téléphone à deux heures du matin et on trouve réconfort dans les paroles amicales et le partage des expériences. Les soucis de la veille semblent moins importants au matin mais on commence à récolter sur l'âme comme autant de petites coupures sur le corps...
A vingt-quatre ans, on ne dit plus tout, à personne d'ailleurs. On n'appelle personne au milieu de la nuit, ni sa mère ni ses amies, mêmes les plus proches. Malgré la douleur, les souffrances, l'angoisse et même les liens qui peuvent nous unir aux autres, la volonté d'être transparente... on se tait.
Never explain, never complain.
Pudeur ? Peur de paraître faible ? Volonté de s'en sortir seul ?
Qu'est ce qui nous pousse vers cette retenue, ce renfermement ?
Les couches se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus épaisses pour atteindre les tréfonds de l'âme. On a besoin de plus de temps, plus de confiance, plus de verres d'alcool ou de fous rires pour s'ouvrir, dévoiler ses angoisses profondes, ses désirs cachés.

On dirait que les coups qu'on a pu prendre nous ont rendu méfiant. On dirait qu'à l'heure du grand déballage de vie privée sur Internet, on a renforcé ses défenses personnelles. On dirait qu'il est plus facile d'afficher ses états d'âme en ligne que de dire à son père qu'on l'aime, à sa meilleure amie qu'on a peur ou à ses collègues qu'ils sont des gens géniaux.

Et si à la fin, on ne dit plus rien ? 

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fred de roux 19/04/2009 19:31

Un texte bien senti et qui dit beaucoup. C'est très vrai qu'avec l'âge (je devrais dire la maturité) on exprime de moins en moins son ressenti et encore moins quand il s'agit de problèmes cryciaux. Ce n'est pas de l'enfermement, mais la volonté d'une pudeur intense de ne pas afficher au vu du monde (famille, cercle des amis) les désespoirs, les échecs, les désirs inassouvis, les peurs, tout ce qui fait que notre vie est ce qu'elle est. Elle n'appartient qu'à nous et reste notre jardin très privé que plus personne n'a le droit d'envahir. Une espèce de réflexe d'auto-défense, pour se préserver des intrusions intempestives et déplacées. Pour se retrouver seul face à soi-même et se reprendre. La vie est souvent compliquée... l'être humain encore plus

Louloute 21/04/2009 23:02


Finalement est-ce une bonne chose ?
Il est bon de savoir aussi que l'on peut "s'en sortir" seul !
Chacun sa méthode j'imagine !