Déboire

Publié le par Louloute

9782264043771.jpgDéboire est le second roman d'Augusten Burroughs. Autobiographique, ce livre raconte comment à 20 ans et quelques, Augusten est devenu un "petit con" de publicitaire qui brasse énormément d'argent. En tentant d'oublier son passé plutôt tumultueux - qu'il raconte dans son premier livre Courir avec des ciseaux (que je n'ai pas encore lu) - il s'est présenté un jour pour travailler dans la publicité et en a depuis fait son métier. Seulement Augusten commence à réaliser qu'il a un sérieux problème d'alcoolisme et à la demande pressante de son entreprise, il entame une cure de désintoxication.
Bien plus que les slogans débiles des AA, il va découvrir jusqu'où son organisme est atteint et surtout à quel point sa vie a toujours été largement baignée d'alcool, comme pour mieux noyer ses souvenirs d'enfance assez terribles. On rencontre dans ses pages des gays un peu allumés, un anglais qui lui servira de coloc', un pote de beuverie croque-mort mais surtout l'étonnant regard d'un homme qui semble se réveiller après des années de torpeur et qui se voit dans le miroir pour la première fois.
Augusten nous laisse entendre dans son récit la douce musique de l'alcool et de l'ivresse, semblable à une berceuse qui peut se réveler être un chant funèbre. Comme beaucoup de récit sur l'addiction, Déboire nous entraîne dans un univers où l'on se sent emprisonné, presque sali par la description terrible des drogues consommées par le narrateur et par ses compagnons de galère. Si l'on commence par s'interroger sur les raisons qui peuvent conduire un homme à faire de sa vie une telle déchéance, on entrevoit ensuite le soulagement et la facilité qui découle du fait de boire.
Augusten n'est pas forcément un personnage attachant, on lui en veut d'en être arrivé là, de ne pas faire plus d'effort pour s'en sortir, de négliger son meilleur ami atteind du sida, puis on se rend compte qu'on ne peut pas sauver les gens malgré eux, que chacun doit trouver en soi la force d'avancer.
Sans complaisance et parfois même avec cynisme, ce roman nous montre l'importance des groupes de soutien, notamment des réunions de AA, de l'efficacité des cures de desintoxication, pour peu que le monde de l'extérieur soit supportable...
A lire donc, d'une traite, comme on boit cul sec.

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Lili 25/10/2007 11:46

Je ne connais pas du tout cet auteur...mais le résumé et la description que tu fais de ce roman me donne envie de le décuovrir....va falloir que je boive du café en intraveineuse pour rester éveillée assez longtemps chaque soir pour lire tous les livres qui me font envie !!!!bisesLili

Louloute 26/10/2007 19:07

Bah voui, Lili, il faut que tu t'y mettes quand meme ! lolTu lis quoi en ce moment ?Un peu de mythologie ?

BanZZai 24/10/2007 21:25

Vi enfin c'est pas que j'aie honte mais je tiens a preciser que c'est plus de la theorie que de la pratique, je suis extrement sage sur ca. J'ai tout juste ete bourre 3-4 fois depuis que je suis en Irlande, et jamais malade. Juste un verre ou deux, parfois ca aide a rire betement quand on aurait pas eu la tete a ca.Serais-je le seul a avoir ete tenté de boire pour oublier ? ;)

Louloute 26/10/2007 19:07

Ah non pas du tout ! lolMoi j'ai pris une véritable cuite une fois, genre être bourrée 2 h après avoir commencé à boire. J'ai vomi toute la nuit, un truc assez terrible.Depuis, je connais super bien mes limites et je ne vomis jamais.Il aura donc fallu en passer par là

BanZZai 24/10/2007 00:52

Ca m'est deja arrive d'anesthesier mes sens pour oublier un peu, et si je n'abhorrais pas le principe meme des substances alienantes et liberticides, je serais peut-etre tombe dedans.Desole pour le "moi je", mais je me demandais s'il y a beaucoup d'autres raisons de se droguer que pour oublier ses soucis ou par transfert affectif.

Louloute 24/10/2007 13:53

Au contraire, merci de nous faire "profiter" de ton véu.Non en effet, je pense qu'on fuit beaucoup la réalité en prenant ce genre de choses