Show must go on

Publié le par Louloute

jtm.JPGOn ne se prépare jamais à la mort. On sait qu'elle est là, que c'est la seule chose dont on peut être certain d'ailleurs, mais on ne l'attend jamais. Surtout pas quand elle fauche un homme de même pas 40 ans, un grand gaillard de presque deux mètres qui laisse derrière lui une fille adolescente.
Ces derniers jours ont été particulièrement durs. Après les deux jours de salon qui ont au moins le mérite de t'empêcher de penser tellement c'est intense, la douleur vous tombe dessus avec plus de force encore.
Alors chacun a son attitude devant la mort... mes collègues ont mis sa photo sur leur bureau, moi mes larmes redoublent à chaque fois que je pose mon regard sur son portrait. Je le préfère vivant dans ma mémoire...
Il n'y a pas de recette pour surmonter sa douleur et son chagrin. Sa meilleure amie depuis toujours, et collègue également, est déjà revenue travailler alors qu'elle s'est presque évanouie à l'annonce de son décès. Beaucoup la comprennent et disent que oui, que le travail est la solution pour s'en sortir, pour avancer. J'admire sa force. Je ne gère pas mes souffrances ainsi. Moi je suis plus dans un genre très intense sur le moment, je "vis" ma douleur comme pour mieux la laisser s'échapper. Je lui consacre du temps, pendant quelques jours, pour qu'elle s'exprime, puis je remonte la pente.
A sa place à elle je serais au fond de mon lit, à pleurer, à dormir abrutie par la douleur, je me chercherais des échapatoires de réalité, comme fumer cigarettes sur cigarettes, peut-être même anesthésier toute cette douleur dans l'alcool, qui sait ?
Faire son deuil... c'est toujours une question d'étapes. La colère est toujours une étape difficile à surmonter, elle marque un tournant lorsqu'elle est dépassée. Pour accepter cette mort, certains ont eu besoin d'aller voir le corps à la morgue, alors que d'autres ne voyaient qu'une enveloppe charnelle à laquelle ils n'avaient plus rien à dire. Qu'on ait besoin de l'enterrement, d'une minute de silence, d'un portrait sur un bureau ou d'imprimer tous les mails qu'on avait de lui comme une dernière preuve de ce qu'il était, nous sommes tous différentes devant le chagrin.
Et puis la vie vous happe, plus fort que ce qu'on croit. Elle a le terrible avantage de ne pas s'arrêter, même si c'est dur, même si c'est loin. Elle continue, elle vous entraîne, elle ne vous laisse pas la possibilité de vous arrêter et de vous lamenter sur vous-même.
Alors je continue car on ne peut pas s'effondrer à chaque épreuve.
Je donnerais juste tout ce que j'ai pour un dernier instant avec lui. Je voudrais le revoir surgir du bâtiment, avec son téléphone, sa cigarette..J'aimerais qu'il me propose encore d'organiser un apéro, j'aurais aimé dire oui lorsqu'il était encore temps et ne pas croire qu'on avait la vie devant nous.
On se répète bien qu'il faut retenir "carpe diem" de toute cette histoire, mais on oublie trop vite et l'on se laisse grapiller par la vie, les projets, les soucis, les autres...
Finalement, dans Show must go on, il faut comprendre que Life must go on...

Publié dans Amis

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Marie 25/10/2007 16:21

Le temps n'efface rien, mais il adoucit tout.Vague d'émotion qui ressurgit, l'espace d'une odeur, le temps d'une saison, puis les souvenirs deviennent amicaux, tendres, caresses et enfin lorsqu'il réapparaît par anecdotes dans la vie de tous les jours, on se surprend à sourire...Courage

Louloute 26/10/2007 19:08

Merci MariePar tes mots tu trouves comme toujours le chemin de mes sentiments...

Lili 22/10/2007 09:35

Oui le deuil est une épreuve très douleoureuse et chacun à sa façon bien à lui de le vivre..je me souviens de la 1ère fois où j'ai perdu un membre de ma famille...j'ai mis 41 bonne semaine avant de réaliser....choquant ainsi toute ma famille, je continuais ma vie, toute guillerette....je n'avais pas réalisé que j'avais perdu cette personne à tout jamais... 1 semaine après, alors que tous commencaient à refaire surface moi je me suis effondrée, toujours sous l'incompréhension de ma famille...Bref la manière de vivre son deuil est très personnelle...CourageLili

Louloute 22/10/2007 22:33

oui en effet, il n'est pas tjrs facile de réaliser.Je me souviens d'une pionne de mon internat qui à la mort de son père lorsqu'elle avait 18 ans avait été incapable de sortir une larme.Ce n'est que des années après,à la naissance de son enfant qu'elle avait réaliser à quel point la perte de son père était douloureuse....

Patrick0027 21/10/2007 13:56

Je trouve ton article très sain.

Louloute 22/10/2007 08:49

merci Patrick

Nanoo 21/10/2007 13:38

Rien à dire de plus... tout est si justement dit...Je t'embrasse

Louloute 22/10/2007 08:48

Merci petite Nanoobisou également

Vic 20/10/2007 18:26

Je te souhaite bon courage.Bises.

Louloute 22/10/2007 08:51

Merci beaucoupBises